Foule sous des parapluies dans le quartier de Shibuya à Tokyo, sous les enseignes lumineuses et la pluie

Photographier sous la pluie : réglages, protection et idées de photos

Photographier sous la pluie demande surtout de choisir une vitesse adaptée et de protéger correctement son matériel. Pour commencer, règle ton appareil autour de 1/500 s, active les ISO automatiques et utilise une housse de protection. Tu pourras ensuite accélérer pour figer les gouttes ou ralentir pour montrer leur mouvement.

La pluie n’est pas seulement une contrainte. Elle transforme la lumière, fait apparaître des reflets sur le bitume et donne aux scènes les plus ordinaires une atmosphère différente. Encore faut-il réussir à rendre les gouttes visibles sur l’image et éviter que l’humidité ne s’infiltre dans le boîtier.

Voici les réglages, les protections et les réflexes à connaître pour photographier par temps de pluie sans prendre de risque inutile.

Pourquoi photographier sous la pluie peut transformer une scène

Un ciel couvert produit une lumière douce et diffuse, généralement dépourvue d’ombres très marquées. Cette lumière convient particulièrement bien au portrait, à la photo de rue et aux scènes urbaines.

Les surfaces mouillées deviennent aussi beaucoup plus réfléchissantes. Une route, une vitrine ou une simple flaque peuvent renvoyer les lumières d’un lampadaire, d’une voiture ou d’une enseigne. Ces reflets ajoutent de la profondeur et permettent de construire des compositions impossibles à obtenir lorsque le sol est sec.

La pluie modifie également l’ambiance générale d’une photo. Les couleurs deviennent plus denses, les arrière-plans peuvent se couvrir d’une légère brume et les passants adoptent des gestes plus expressifs. Parapluies, manteaux, silhouettes pressées et lumières urbaines fournissent alors de nombreux sujets.

La lumière était incroyablement belle, et soudain j’ai compris qu’il fallait la photographier.

Inge Morath – Photographe, à propos de Venise sous la pluie en 1955

Quels réglages utiliser pour photographier sous la pluie ?

Photographe réglant son appareil photo sous la pluie dans un environnement naturel
Sous la pluie, le choix de la vitesse doit s’accompagner d’une vérification régulière de l’objectif et de la protection du boîtier. Photo : Luke Miller

Il n’existe pas un réglage unique valable dans toutes les situations. La vitesse dépend surtout de l’effet recherché, de l’intensité de la pluie et de la lumière disponible.

Le réglage de départ à retenir

Pour une première photo sous la pluie, tu peux utiliser les réglages suivants :

  • Mode priorité vitesse, S chez Nikon et Sony, Tv chez Canon
  • Vitesse autour de 1/500 s
  • ISO automatiques
  • Ouverture gérée automatiquement par l’appareil
  • Autofocus continu (AF-C chez Sony, Nikon, Panasonic et AI-Servo chez Canon) pour les sujets en mouvement
  • Rafale courte
  • Format RAW

Ce réglage permet généralement de conserver une image nette tout en gardant une certaine présence des gouttes. Vérifie ensuite le résultat sur l’écran et ajuste la vitesse selon leur apparence.

Réglages de départ selon le rendu recherché pour :

Figer les gouttes :

  • Vitesse : 1/500 à 1/2000 s
  • Ouverture indicative : f/2,8 à f/5,6
  • ISO : automatique
  • Conseil : place les gouttes devant un arrière-plan sombre pour mieux les faire ressortir.

Créer des filés de pluie :

  • Vitesse : 1/30 à 1/125 s
  • Ouverture : à adapter selon la lumière
  • ISO : automatique ou manuel
  • Conseil : stabilise le boîtier ou utilise un trépied pour conserver le décor net.

Photographier des passants :

  • Vitesse : 1/250 à 1/500 s
  • Ouverture indicative : f/4 à f/8
  • ISO : automatique
  • Conseil : utilise l’autofocus continu et fais la mise au point sur le visage.

Photographier les reflets :

  • Vitesse : 1/125 s ou plus
  • Ouverture indicative : f/5,6 à f/11
  • ISO : à adapter selon la scène
  • Conseil : rapproche-toi du sol pour donner davantage de place au reflet.

Réaliser un portrait sous la pluie :

  • Vitesse : 1/250 s ou plus
  • Ouverture indicative : f/1,8 à f/4
  • ISO : automatique
  • Conseil : éloigne le sujet de l’arrière-plan pour mieux détacher sa silhouette.

Ces valeurs sont des points de départ. Elles doivent être adaptées à ton objectif, à la stabilisation du boîtier et au mouvement du sujet.

Quelle vitesse pour figer ou filer les gouttes ?

Le flPour figer les gouttes, commence autour de 1/500 s. Si elles restent floues, augmente progressivement la vitesse vers 1/1000 ou 1/2000 s.

Une vitesse très rapide ne garantit cependant pas que la pluie sera visible. Devant un ciel gris ou une façade claire, les gouttes peuvent presque disparaître. Il faut aussi travailler la lumière et l’arrière-plan.

Pour montrer le mouvement de l’averse, ralentis plutôt entre 1/30 et 1/125 s. Les gouttes prennent alors la forme de traits plus ou moins longs. À ces vitesses, un trépied photo suffisamment stable ou un support fixe devient utile si le reste de la scène doit rester parfaitement net.

Pour explorer des temps d’exposition encore plus longs et transformer le mouvement en véritable effet graphique, retrouve également notre guide consacré à la pose longue photo.

Comment rendre la pluie visible sur une photo ?

La pluie ressort davantage lorsqu’elle est éclairée par l’arrière ou par le côté. Un lampadaire, les phares d’une voiture, une vitrine ou une lumière placée derrière le sujet peuvent révéler des gouttes presque invisibles à l’œil nu.

Choisis également un arrière-plan sombre. Les gouttes claires se détacheront mieux devant des arbres, un bâtiment sombre ou une zone située dans l’ombre.

La distance joue aussi un rôle. Avec une longue focale et un arrière-plan éloigné, les gouttes peuvent sembler plus nombreuses et plus présentes dans l’image. À l’inverse, un grand-angle les rend souvent plus discrètes.

Comment régler l’ouverture et les ISO ?

Par faible luminosité, les ISO automatiques sont souvent la solution la plus simple. Ils permettent à l’appareil de conserver la vitesse choisie sans t’obliger à modifier constamment les réglages.

Fixe une valeur ISO maximale que tu considères acceptable pour ton boîtier. Selon le matériel et l’utilisation finale des images, cette limite peut se situer à ISO 1600, 3200 ou davantage.

Une grande ouverture, par exemple f/1,8 ou f/2,8, permet de capter plus de lumière. Elle réduit cependant la profondeur de champ. Cela peut être intéressant pour isoler un portrait ou créer du bokeh avec les lumières situées en arrière-plan.

Pour photographier un reflet ou une scène urbaine plus large, une ouverture comprise entre f/5,6 et f/11 permet de conserver davantage d’éléments nets. Pour mieux comprendre le rôle de l’ouverture, de la mise au point et de la profondeur de champ, retrouve aussi notre guide pour obtenir une photo nette du premier plan à l’arrière-plan.

Faut-il modifier la balance des blancs ?

Si tu photographies en RAW, tu peux conserver la balance des blancs automatique et corriger la température de couleur au moment de la retouche.

En JPEG, le mode Nuageux permet de réchauffer légèrement une scène trop froide. Il faut toutefois rester prudent sous les éclairages urbains. Les lampadaires et les vitrines peuvent rapidement produire une dominante jaune ou orange trop marquée.

Le rendu froid d’une journée pluvieuse n’est pas forcément un défaut. Il peut aussi renforcer l’atmosphère de la scène. Évite donc de réchauffer systématiquement toutes tes images.

Comment protéger son appareil photo sous la pluie ?

Un appareil tropicalisé résiste mieux aux projections qu’un modèle non protégé, mais il n’est pas étanche. Une housse reste recommandée dès que la pluie devient régulière.

Quelle protection utiliser pendant la séance ?

Une housse anti-pluie dédiée protège le boîtier et l’objectif tout en laissant accès aux principales commandes. Les modèles les plus solides sont intéressants pour une utilisation fréquente, mais il n’est pas nécessaire de beaucoup dépenser pour photographier occasionnellement sous la pluie.

Les protections transparentes en plastique souple vendues à petit prix constituent une solution simple et efficace. Elles ressemblent à de grands sacs de congélation, avec une ouverture pour l’objectif et deux passages latéraux pour glisser les mains.

La finition est souvent assez rudimentaire et l’accès aux commandes reste moins agréable qu’avec une housse haut de gamme. Pour quelques euros, ces protections permettent néanmoins de manipuler le boîtier tout en le couvrant correctement sous une pluie légère à modérée. Elles sont également compactes et faciles à conserver au fond du sac photo.

Le plastique peut favoriser un peu de buée si l’air circule mal. Il faut donc éviter de refermer complètement la protection autour d’un matériel déjà humide et surveiller régulièrement l’intérieur de la housse.

Sous une forte averse ou pendant une longue séance, une protection plus robuste reste préférable.

À défaut de toute housse, un sac plastique suffisamment large peut encore dépanner. Pratique une ouverture pour l’objectif et maintiens le plastique autour du pare-soleil avec un élastique. Cette solution improvisée est cependant moins pratique et moins fiable qu’une protection conçue pour la photo.

Pense aussi à emporter :

  • Plusieurs chiffons microfibres secs
  • Un pare-soleil
  • Une serviette légère
  • Un sac ou une pochette étanche
  • Des sacs plastiques refermables
  • Une batterie de rechange conservée au sec

Le pare-soleil ne sert pas uniquement à limiter les lumières parasites. Il empêche aussi une partie des gouttes d’atteindre directement la lentille frontale.

Un filtre UV peut constituer une protection supplémentaire, mais il n’est pas indispensable. Notre guide des filtres photo détaille les différences entre filtre UV, polarisant et filtre ND, ainsi que leurs limites sur le terrain.

Boîtier et objectif tropicalisés : utiles, mais pas invincibles

CeLa tropicalisation désigne généralement la présence de joints destinés à limiter l’infiltration de poussière et d’humidité. Le niveau de protection varie fortement selon les marques et les modèles.

Pour profiter de cette protection, le boîtier et l’objectif doivent tous les deux disposer de joints adaptés. Monter un objectif non protégé sur un boîtier tropicalisé laisse notamment la monture plus exposée.

Même avec du matériel annoncé comme résistant aux intempéries, évite :

  • Les fortes pluies prolongées
  • Les projections sous pression
  • L’immersion
  • Les commandes manipulées avec des mains détrempées
  • Le rangement immédiat d’un appareil encore mouillé

Un filtre UV peut protéger la lentille frontale des projections et des nettoyages répétés. Il reste cependant optionnel. Il ne protège ni les commandes, ni le fût de l’objectif, ni la monture.

Peut-on changer d’objectif sous la pluie ?

Mieux vaut éviter. Au moment du changement, le capteur, la chambre du boîtier et la lentille arrière de l’objectif deviennent particulièrement vulnérables.

Choisis ton objectif avant de sortir et conserve-le pendant toute la séance. Un zoom polyvalent est souvent plus pratique qu’une série de focales fixes lorsque les conditions sont mauvaises.

Si le changement est indispensable, mets-toi complètement à l’abri et sèche tes mains ainsi que l’extérieur du matériel avant d’ouvrir la monture.

Comment sécher le matériel après la séance ?

Si l’appareil est mouillé, commence par essuyer soigneusement l’extérieur avec un chiffon sec. Retire la housse humide et vérifie les zones situées autour de la monture, des trappes et des commandes.

Ne replace pas immédiatement le matériel mouillé dans un sac fermé. Laisse-le sécher dans une pièce ventilée, à température ambiante, loin d’un radiateur ou d’une source de chaleur directe.

Les sachets de silice peuvent aider à absorber une partie de l’humidité présente dans le sac. Ils ne remplacent toutefois pas un séchage correct.

Comment éviter la condensation dans l’appareil photo ?

La condensation apparaît surtout lorsqu’un appareil froid entre brusquement dans une pièce chaude et humide.

Avant de rentrer, place le matériel froid dans un sac plastique ou un sac photo fermé. L’air plus sec emprisonné autour de l’appareil limite la formation de condensation sur les surfaces froides.

Laisse ensuite le matériel se réchauffer progressivement avant d’ouvrir le sac. Le temps nécessaire dépend de l’écart de température. Une trentaine de minutes à plusieurs heures peuvent être nécessaires.

Il faut donc distinguer deux situations :

  • Matériel mouillé : essuie-le et laisse-le sécher dans un endroit ventilé.
  • Matériel froid : conserve-le temporairement dans un sac fermé pour qu’il se réchauffe progressivement.

Que photographier quand il pleut ?

Reflets de phares et de lumières urbaines sur une rue pavée mouillée par la pluie
La chaussée mouillée prolonge les sources lumineuses et donne davantage de profondeur à une scène photographiée de nuit. Photo : Mike

Les gouttes en contre-jour

Place une source lumineuse derrière les gouttes pour les rendre visibles. La nuit, les lampadaires, les vitrines et les phares fonctionnent particulièrement bien.

Les reflets dans les flaques

Approche-toi du sol et cherche un reflet identifiable : bâtiment, silhouette, enseigne ou ciel coloré. Tu peux ensuite retourner l’image pour créer une composition plus déroutante.

Attention au filtre polarisant. Il permet de réduire les reflets sur les surfaces mouillées, mais peut aussi supprimer précisément celui que tu voulais photographier. Tourne sa bague progressivement et observe le résultat dans le viseur avant de déclencher.

Les passants et les parapluies

La pluie modifie les gestes et les déplacements. Les silhouettes se rapprochent, les personnes courent ou se regroupent sous les abris. Ces comportements rendent les scènes de rue plus vivantes.

Les portraits sous un ciel couvert

La lumière diffuse réduit les ombres dures sur le visage. Place le sujet près d’une zone claire, comme une vitrine ou une entrée de bâtiment, pour ajouter une direction à la lumière.

Une grande ouverture permet aussi de transformer les lampadaires, les phares et les gouttes situées en arrière-plan en halos lumineux. Pour aller plus loin, retrouve nos conseils pour réussir un bokeh photo naturel.

Les détails et les textures

Gouttes sur une vitre, feuilles mouillées, carrosseries brillantes ou traces de pas offrent des sujets simples. Une longue focale ou un objectif macro permet de se concentrer sur ces détails sans montrer toute la scène.

Les erreurs à éviter en photo de pluie

La première erreur consiste à se concentrer uniquement sur les réglages. Une vitesse rapide ne suffit pas à rendre les gouttes visibles. Il faut également trouver une lumière latérale ou arrière et choisir un fond suffisamment sombre.

Vérifie régulièrement la lentille frontale. Une seule goutte peut créer une zone floue ou une auréole sur plusieurs images sans que tu la remarques immédiatement.

Évite également de changer d’objectif en extérieur, même sous une pluie légère. Quelques gouttes suffisent pour atteindre la monture ou l’intérieur du boîtier.

Ne fais pas non plus confiance aveuglément à la tropicalisation. Elle réduit les risques, mais elle ne transforme pas l’appareil en matériel étanche.

Enfin, en cas d’orage, la priorité reste la sécurité. Éloigne-toi des points hauts, des arbres isolés, des structures métalliques et des zones exposées. Aucun cliché ne justifie de rester dans une situation dangereuse.

Les recos Photo-Clique

  • Commence autour de 1/500 s avec les ISO automatiques, puis adapte la vitesse au rendu des gouttes.
  • Cherche un contre-jour et un arrière-plan sombre avant de modifier tous tes réglages.
  • Une protection transparente en plastique à petit prix suffit souvent pour une pluie légère à modérée.
  • Emporte toujours un pare-soleil et plusieurs chiffons secs.
  • Évite de changer d’objectif tant que tu n’es pas complètement à l’abri.
  • En rentrant, distingue bien le matériel mouillé du matériel froid pour éviter les erreurs de séchage et la condensation.

FAQ sur la photo sous la pluie

Peut-on utiliser un appareil photo non tropicalisé sous la pluie ?

Oui, à condition de le protéger avec une housse adaptée et de limiter son exposition directe à l’eau. Évite les pluies fortes ou prolongées et sèche soigneusement le matériel après la séance.

Une housse de pluie pas chère suffit-elle pour un appareil photo ?

Une protection transparente en plastique souple peut suffire sous une pluie légère à modérée. Vérifie qu’elle couvre correctement le boîtier et l’objectif, tout en laissant accès aux commandes. Pour une forte averse ou une utilisation prolongée, une housse plus robuste reste préférable.

Quelle vitesse choisir pour photographier la pluie ?

Commence autour de 1/500 s. Monte vers 1/1000 ou 1/2000 s pour figer davantage les gouttes. Pour créer des filés, teste plutôt une vitesse comprise entre 1/30 et 1/125 s.

Pourquoi la pluie n’apparaît-elle pas sur mes photos ?

Les gouttes manquent souvent de contraste avec l’arrière-plan. Utilise une lumière latérale ou arrière et place-les devant une zone sombre. Une vitesse plus lente peut aussi rendre leur mouvement plus visible.

Faut-il utiliser un filtre UV quand il pleut ?

Ce n’est pas obligatoire. Un filtre UV protège la lentille frontale des projections et peut être plus facile à essuyer. Il ne remplace toutefois ni une housse de pluie ni un pare-soleil.

Peut-on changer d’objectif sous une pluie légère ?

Il vaut mieux éviter. La monture, le capteur et la lentille arrière deviennent vulnérables dès que l’objectif est retiré. Effectue le changement uniquement dans un endroit sec et abrité.

Comment éviter la condensation en rentrant chez soi ?

Place l’appareil froid dans un sac fermé avant d’entrer dans une pièce chaude. Laisse-le se réchauffer progressivement avant d’ouvrir le sac. Cette méthode limite la condensation sur les éléments internes et externes.